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Prix Goncourt des lycéens

Tous les articles (20)
  • 22/01/2015 - les critiques de la 205 et des professeurs

    Par admin bellevue-toulouse, publié le jeudi 22 janvier 2015 18:21 - Mis à jour le jeudi 22 janvier 2015 18:21

  • 17/01/2015 - Le journal de la 205

    Par admin bellevue-toulouse, publié le samedi 17 janvier 2015 13:49 - Mis à jour le samedi 17 janvier 2015 13:50
  • Les critiques des 3 lauréats

    Par CHANTAL LE JEUNE, publié le mardi 2 décembre 2014 11:59 - Mis à jour le dimanche 11 janvier 2015 12:05

     

    Lauréats toulousains de la catégorie « Classe Goncourt » :

     

    • 1er prix : Lauriane Esther, en Seconde au lycée Bellevue à Toulouse,
    • 2ème prix : Clara Sanchez, en Seconde au lycée Bellevue à Toulouse,
    • 3ème prix : Cyprien Meyer, en Seconde au lycée Bellevue à Toulouse,

     

    Leurs critiques primées :

    Le 1er prix est attribué à :

    Lauriane ESTHER

    Elève en Seconde au lycée Bellevue à Toulouse

    Pour Pas pleurer de Lydie SALVAYRE

    Gssacres-Saration-Lâcheté mais surtout... PAS PLEURER

    Toute son enfance, Lydie Salvayre a entendu sa mère raconter sa jeunesse, l'Espagne et le fameux été 36. Mais c’est seulement après avoir lu « Les grands cimetières sous la lune » de G. Bernanos que l'histoire de sa mère Montse prend une autre dimension, elle s'inscrit dans l'Histoire. Montse devient alors le témoin des événements de l'été 1936, dans une Espagne déchirée entre communisme, anarchisme et franquisme.

     

    Il a suffit d'une phrase « Vous êtes bien modeste », prononcée par un riche propriétaire terrien pour que Montse, 15 ans, devienne une « mauvaise pauvre », c'est-à-dire « une pauvre qui ouvre sa gueule ». Il a suffit que son frère rentre de Lérida, commune autogérée, des idées libertaires plein la tête, pour que Montse se laisse entraîner et découvre arcelone, le luxe, le plaisir et la liberté.

     

    A ce récit plein de vie, l’auteur mêle un récit beaucoup plus sombre. C'est celui de Georges Bernanos. En 1936, l'écrivain catholique, monarchiste, dont le fils est phalangiste, est le témoin des atrocités commises par les Franquistes avec le consentement de l'église espagnole.

    Comme il le dit lui-même, « il y a quelque chose de mille fois pire que la férocité des brutes, c'est la férocité des lâches ». Alors, malgré les conséquences possibles, il va témoigner de ce qu'il voit dans un ouvrage « Les grands cimetières sous la lune ».

     

    La dichotomie entre les deux récits qui s'entremêlent, l'un pessimiste, l'autre scolaire, donne du rythme au récit. Cette opposition, on la retrouve souvent dans les romans de Lydie Salvayre, elle l'explique dans l'émission « l'humeur vagabonde » sur France Inter, comme étant l'expression d'une vision de l'Espagne à la fois comique et tragique. Vision que l'on retrouve d'ailleurs dans la littérature espagnole, à travers les personnages de Sancho Panza et de Don Quichotte.

     

    Néanmoins, la prose employée pour le récit de Bernanos peut nous paraître un peu trop classique et lassante. Par opposition, la prose de Montse est vivante et donne du dynamisme au récit . En effet, la mère de la narratrice, espagnole exilée en France, s'exprime en Fragnol, un mélange hybride de français et d'espagnol. Cette langue, sa fille

    en a longtemps eu honte. Mais elle a, à présent, une autre vision de ce langage, comme elle l'exprime dans l'émission « La grande Librairie », le 30 octobre dernier, « loin d'abîmer le français […] cette langue, elle (Montse) l'oxygène, la poétise, elle l'érotise, elle la rend inventive. »

    il en résulte des phrases drôles et savoureuses pour le plus grand bonheur du lecteur !

     

    L'écrivaine nous livre un roman avant tout historique, qui nous permet de découvrir des événements méconnus de la guerre d'Espagne. Son originalité est de nous donner deux versions des faits. L'une, celle de Bernanos, est académique, classique. L'autre version touchera les jeunes lecteurs, car il s'agit de la vision d'une adolescente de quinze ans qui ne s'intéresse pas à la politique, qui n'est pas une héroïne et qui pose un regard sur la jeunesse catalane à laquelle pourront s'identifier tous les lycéens.

     

    A travers ce livre, Lydie Salvayre et sa mère nous donnent une magnifique leçon de vie : quels que soient les épreuves, les douleurs, les mauvais coups du sort, il faut continuer à avancer, se montrer courageux et surtout... pas pleurer !

     

    Le 2e prix est attribué à :

    Clara SANCHEZ

    Elève en Seconde au lycée Bellevue à Toulouse

    Pour Constellation d'Adrien BOSC

    Des étoiles qui n'ont pas brillé de la même façon

    Il y a 65 ans, le 27 octobre 1949 à 20h06, le « constellation F-BAZN », qui assure la liaison entre Paris et New York, décolle avec à son bord 48 personnes. Quelques heures plus tard, l'avion s'écrase... Il n'y a aucun survivant. Le 1er novembre, l'accident fait la une de tous les journaux, en ce jour de fête des morts, on lit partout que la célèbre violoniste Ginette neveu et le boxeur Marcel Cerdan ont péri dans ce crash.

     

    C'est l'histoire que choisit de raconter Adrien Bosc dans son premier roman Constellation... Constellation comme le nom de l'avion, mais peut-être aussi pour nous faire penser à 48 constellations à présent éteintes.

    Au fil des chapitres, nous pouvons apprendre à connaître les passagers, de l'histoire de Kay Kamen, le créateur de la montre Mickey et des produits dérivés de Disney à celle du pilote Jean de la Noüe, nous découvrons leur vie et événements qui les ont poussés à monter dans cet avion.

    Enfin quelqu'un qui s'intéresse aux autres victimes, aux membres de l'équipage comme Charles Wolfer et Camille Fidency, les co-pilotes.

    Enfin, on parle des autres passagers : Hannah Abbott qui revenait de Syrie avec son mari, Joseph Aharon, un avocat israélien de 45 ans ; Ernest Lowenstein qui se rendait à New-York, dans le but de se réconcilier avec son ex-femme ; Amélie Ringler, la bobineuse de Mulhouse, dont le corps a été confondu avec celui de Ginette Neveu, une « malédiction » selon l'auteur...

     

    C'est un sujet osé pour l'auteur. Comment écrire un livre sur un événement qui s'est produit plus de trente ans avant sa naissance ? Comment raconter la vie de personnes que l'on n'a pas connues ? Peut-être en recherchant de vieux articles dans des magazines de 1949, comme Ironwood Daily Globe ; en contactant le fils d'Ernest Lowenstein, ou en se rendant dans l'archipel des Açores, sur le Mont Rodondo pour découvrir la plaque indiquant « lieu où est tombé, le 27 octobre 1949, un avion d'Air France, dans lequel a péri l'ensemble des passagers. Donne-leur, Seigneur, le repose éternel... », comme nous explique Adrien Bosc dans son roman.

    Avec Constellation, le jeune auteur se démarque des autres nominés du Prix Goncourt des Lycéens, car même si le destin du F-BAZN et de ses passagers est tragique, il choisit étonnamment de commencer chaque chapitre par une citation « L'avion ! L'avion ! Qu'il monte dans les airs, qu'il plane sur les monts, qu'il traverse les mers » (Guillaume

    Apollinaire, Poèmes retrouvés), puis mêle les péripéties du Lockheed Constellation et l'histoire des passagers. Pour lui, c'est comme « écrire leur légende minuscule est offrir à quarante-huit hommes et femmes, comme autant de constellations, vie et récit ». Cette composition fait que le récit est prenant et que l'on ne se lasse pas de le lire tout au

    long de ses 200 pages.

    Grâce à Constellation, Adrien Bosc fait briller ces quarante-huit étoiles de façon égale.

     

     

    Le 3e prix est attribué à :

    Cyprien MEYER

    Élève en Seconde au lycée Bellevue à Toulouse

    Pour Meursault, contre-enquête de Kamel DAOUD

    N'y a-t'il pas un autre étranger ?

    Il nous avait habitués à des nouvelles et des chroniques de presse dans lesquelles il critique le pouvoir politique ainsi que la religion, qui, selon lui, étouffent l'Algérie. Kamel Daoud, 44 ans, journaliste au quotidien d'Oran et amoureux de son pays, nous offre son premier roman Meursault, contre-enquête. Quand on lui demande d'où lui vient l'idée d'un tel roman, Daoud indique que c'est une façon de répondre à la question agaçante souvent posée par les Français : « Est-ce que Camus est à vous ou est-ce qu'il est à nous ? » (Tous les passages entre guillemets sont les propos tenus par l'auteur dans l'émission Bibliothèque Médicis, diffusée le 26 septembre dernier sur la chaîne Public Sénat).

    Car Meursault, contre-enquête est écrit sur les traces de L’Étranger d'Albert Camus. L'étranger, c'est Meursault. En 1942, il tue avec froideur et sous le soleil l'Arabe. Pour Kamel Daoud, il n'est pas question de laisser la victime anonyme : « J'ai essayé un petit peu d'investir la brèche […] et de fabriquer du sens à partir de ce petit défaut majeur dans l’Étranger de Camus. »

    L'histoire de l'Arabe est racontée par son frère haroun. Attablé dans un bar, l'alcool coulant à flot, dans le vaet- vient des serveurs, Haroun nous livre un déluge de paroles. Il s'exprime en français, cette langue qu'il qualifie de libre et le lecteur qu'il tutoie est son confident.

    Ainsi, Haroun donne à son frère un nom. Moussa, un physique, des émotions, une famille... une vie. De cette amanière, Daoud rend hommage au peuple algérien anciennement colonisé, car dit-il : « Si on connaît le nom, on reconnaît l’humanité ». Certes Haroun attribue une identité à Moussa, mais aussi, et surtout, il est à la recherche de sa propre identité. Toute sa vie, Haroun a en effet dû endosser aux yeux de sa mère le rôle de Moussa, le fils disparu. Il  s'est aussi toujours senti loin de son pays, coincé par la religion et le pouvoir. Il est étranger à sa vie et confie : « J'ai vécu comme une sorte de fantôme observant les   

    vivants s'agiter dans un bocal ». Même si la vengeance de Haroun était prévisible, Kamel Daoud a eu la délicatesse de ne pas reproduire « le petit défaut majeur » de Camus. Le personnage de Haroun est parfois ennuyeux, tellement il se complaît dans ses lamentations, cette impression étant renforcée par l'écriture sous forme de monologue. Le tourment de aroun, le tourment de Daoud, le lecteur les ressent avec de nombreux retours désordonnés dans le passé, comme si le narrateur s'égarait. Toutefois, en considérant son lecteur comme son interlocuteur, Haroun nous embarque avec lui dans le récit. On est ancré dans la ituation d'énonciation, le style est direct. Le discours argumentatif est si bien mené que le narrateur pourrait obtenir notre approbation. On s'imagine alors attablé dans un bar, l'alcool coulant à flot...

    Avec Meursault, contre-enquête, Kamel Daoud réalise un véritable exploit. En donnant l'écho à L’Étranger, il prolonge au fil du temps l’oeuvre de Camus et sa réflexion sur l'absurde, la justice, l'homme, ainsi que celle sur la France et l'Algérie aux passés partagés. Ce n'est pas souvent que l'on rencontre une telle interconnexion entre deux littéraires et deux écrivains de générations différentes ! « A l'avenir, L’Étranger et Meursault, contre-enquête se liront tel un diptyque », prédit Le Monde des Livres (28 juin 2014).

  • 10/01/2015 - l'Edito

    Par admin bellevue-toulouse, publié le dimanche 11 janvier 2015 11:58 - Mis à jour le dimanche 11 janvier 2015 11:58

  • 10/01/2015 - Les critiques de la 205 font boule de neige

    Par admin bellevue-toulouse, publié le dimanche 11 janvier 2015 11:56 - Mis à jour le dimanche 11 janvier 2015 11:56

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