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Lettres-Philosophie

Tous les articles (7)
  • Sous les pyramides - des statues et quelques autres chefs d'oeuvre....

    Par BRICE FAUCHE, publié le dimanche 15 mars 2015 11:38 - Mis à jour le dimanche 5 avril 2015 11:42

     

    au début ..... les Cyclades... et une tête de figure féminine (2700 - 2300 avant J.-C.)
    Un bel exemple de kouros présenté par notre guide
    Métopes Ouest du temple de Zeus à Olympie
    Un petit bout de la frise des Panathénées du Parthénon par Phidias 5°s. av.JC.
    La "Vénus" de Milo vers 130-100 av. J.-C.

    Un - Une bel(le) endormi(e) III-Ier s. av. JC. 

    Le lit est du Bernin (XVI°s.)

    Un modèle iconologique..... Les Trois Grâces
    La Victoire de Samothrace (IV-III siècle avant J.-C.) tout juste sortie des mains des restaurateurs.
    Vinci: la Joconde et la Sainte-Anne....
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       

     

     

     

     

     

  • La ville et la mémoire

    Par BRICE FAUCHE, publié le dimanche 5 avril 2015 11:08 - Mis à jour le dimanche 5 avril 2015 11:08

    La ville et la mémoire – esquisse d’un tableau parisien

    Impressions de voyage des professeurs de Lettres du lycée Bellevue, février 2015

    « Le meilleur moyen de vivre avec le monde, avec l’espace et le temps, c’est d’entrer dans un musée, de communier avec la beauté, la laideur, l’humour, la passion, tout le reste. C’est ce qui se produit, pour d’autres, au théâtre. » Adrien Goetz, Intrigue à l’anglaise, Grasset, 2007, p. 107.

     

    Impressions accumulées, expériences magnifiques resurgies, un samedi après-midi dans un car roulant entre Paris et Toulouse, à deux voix.

    Expérience visuelle et existentielle grâce à l’immersion dans l’art.

    D’abord la mémoire.

    La question la plus souvent posée entre les participants au voyage a été : est-ce la première fois que vous venez ? Paris : venir ou revenir. Souvenirs divers pour ceux qui y ont habité, quelques temps ou plusieurs années, ceux qui l’avaient visité une fois, enfants, ayant la chance d’avoir de la famille ici ou encore d’un seul qui y était la semaine dernière.

    La mémoire des œuvres : où grâce à l’histoire des arts, les échos d’un jour à l’autre, la mémoire d’une œuvre vue deux jours avant, durant l’année commencée, d’autres années auparavant, est rappelée de façon autonome. Réactivation des souvenirs et des connaissances enfouis où aussi bien les professeurs que les élèves se rappelent, tissant eux-mêmes les liens.

    Ensuite la curiosité. Pas besoin de questionner, de susciter la curiosité, elle est là tout entière, dans la joie de voir – souvent pour la première fois en vrai - et de découvrir. Plaisir de déchiffrer, de décoder, d’avoir les clés.

     

    « Il en est des villes comme des rêves : tout ce qui est imaginable peut être rêvé mais le rêve le plus surprenant est un rébus qui dissimule un désir, ou une peur, son contraire. Les villes comme les rêves sont faites de désirs et de peurs, même si le fil de leur discours est secret, leurs règles absurdes, leurs perspectives trompeuses ; et toute chose en cache une autre.

    - Moi, je n’ai ni désirs ni peurs, déclara le Khan, et mes rêves sont composés soit par mon esprit soit par le hasard

    - Les villes aussi se croient l’œuvre de l’esprit ou du hasard, mais ni l’un ni l’autre ne suffisent pour faire tenir debout leurs murs. Tu ne jouis pas d’une ville à cause de ses sept ou soixante dix-sept merveilles, mais de la réponse qu’elle apporte à l’une de tes questions.

    • Ou de la question qu’elle te pose, t’obligeant à répondre, comme Thèbes par la bouche du Sphinx. »

     

    Italo Calvino, Les Villes Invisibles, Du Seuil,1972

     

    Ensuite la construction du regard : dans le plaisir des couleurs et des formes, des voix des guides d’un jour à l’autre, apprendre à voir les œuvres, à lire les œuvres, à connaître et vivre les lieux. Capacité énorme des élèves à différencier ce qui dans l’explication relève de la description ou de l’analyse : où cette distinction comprise nettement n’apparaît que pour dire : nous réclamons du sens !

    Le désir d’apprendre est indissociable de la liberté, celle de déambuler dans la ville de Paris, dans son musée – le Louvre, ou dans son cimetière le plus connu – le Père Lachaise. Recevoir pour soi un choc esthétique, expérience inoubliable, vécue en dehors d’une parole donnée, d’une œuvre montrée et expliquée. Vécue aussi en dehors des chemins : plaisir du labyrinthe où se perdre signifie se retrouver. Au Père Lachaise chercher au milieu des inconnus des noms illustres, parfois à demi effacés – Bashung, Molière, La Fontaine, Gustave Doré -, aller de soi-même, trouver et se découvrir – devenir le miroir de tous les hommes, faire l’expérience de la confrontation avec la mort et sa propre finitude. Thématique aussi des œuvres vues, comme L’Enterrement à Ornans de Courbet (1850, musée d’Orsay). Au contraire, prendre conscience de l’éternité de l’art – ces hommes, ces œuvres nous parlent encore :

     

    « Tout passe. L’art robuste

    Seul a l’éternité.

    Le buste survit

    A la cité »

    Théophile Gautier, « L’art », Emaux et Camées, 1852

     

    Enfin la création de liens. Découvrir les significations entremêlées, liens formels et thématiques entre les œuvres d’art, d’une œuvre à l’autre, d’un musée à l’autre, d’un guide à l’autre. Mais ces liens sont aussi humains, entre les élèves, au sein du groupe, entre les professeurs, accompagnateurs et chauffeurs. Construire son regard est ainsi se construire soi-même ; vivre une telle expérience transforme, tels nous sommes partis, autres nous revenons. Notre moi s’est transformé de ce partage d’expériences.

     

    Entre les rues, les avenues, les monuments, les musées, les espaces urbains, nous avons tissé et tendu des fils invisibles qui nous relient à la ville, à nous-mêmes et au monde.

    Nous avons donné une forme à notre séjour.

    Avec ces quelques mots, nous formulons ces impressions ; un peintre avec ses couleurs finirait d’achever ce que nous avons commencé et serait en mesure de créer le tableau provisoire ou définitif de ce tableau parisien de février 2015 ; un artiste contemporain imaginerait une installation de filins ou d’autres matériaux, entre les murs blancs d’un musée ou d’une galerie, et donnerait forme à l’impalpable expérience de nos vies entremêlées.

     

    S.Raffin et C.Gervaise, 28/02/2015.

     

     

     

     

     

  • Le voyage...

    Par BRICE FAUCHE, publié le dimanche 15 mars 2015 11:52 - Mis à jour le dimanche 15 mars 2015 16:28

    Voyage des littéraires à Paris du 25 au 28/02/15 – Lycée Bellevue

    Classes de 1èreL1, 1èreL2, 1èreL3 et TL1

    Mercredi 25/02/15

    Matin Visite du Musée Gustave Moreau (peintre symboliste de la fin de XIXème siècle), >>>> clic

    Après-midiVisite guidée du Centre Pompidou (collections permanentes, art contemporain de 1980 à nos jours).

    L'hébergement - Petite histoire:  l'auberge de jeunesse est installée dans l'ancien hôtel particulier de Mlle Mars.... >>>> clic

    Jeudi 26/02/15

    MatinPromenade en bateau-mouche

    Après-midiVisite guidée du Musée d’Orsay (collections permanentes, grands courants artistiques du XIXème siècle)

    SoirThéâtre de La Huchette : La Cantatrice Chauve d’Ionesco (groupe 1) et visite de Paris en autocar

    Vendredi 27/02/15

    MatinVisite guidée du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris (collections permanentes, grands courants artistiques du XXème siècle)

    Après-midiVisite guidée du Louvre (collections permanentes, département Gréco-Romain, périodes archaïque, classique et hellénistique) >>>> clic

    SoirThéâtre de La Huchette : La Cantatrice Chauve d’Ionesco (groupe 2)

    Samedi 28/02/15

    Matin - Visite de la Butte Montmartre


     

  • Musée Gustave Moreau

    Par BRICE FAUCHE, publié le dimanche 15 mars 2015 16:14 - Mis à jour le dimanche 15 mars 2015 16:17

     

     

     

     

    Jupiter et Sémélé , huile sur toile, 212 x 118 cm,  1895

    Sémélé – fille d’Harmonie et de Cadmos le fondateur de Thèbes – est ici représentée foudroyée, anéantie par la vision de Jupiter transfiguré. C’est là la conséquence de l’attention portée aux paroles de la perfide Junon, épouse légitime du Dieu. Cette dernière, jalouse, ayant pris pour gagner la confiance de Sémélé les traits de sa nourrice Béroé, lui avait suggéré d’exiger de son amant cette métamorphose qu’elle savait être fatale à une simple mortelle. - la suite

    Le site du musée >>> clic

  • Tableau d' une semaine à Paris

    Par BRICE FAUCHE, publié le dimanche 15 mars 2015 11:43 - Mis à jour le dimanche 15 mars 2015 11:46

    Tableau d' une semaine à Paris

     

     

    J'ai vu une nuit si longue dans un bus mais qui a dessiné sur nos visages bien des sourires.

    J'ai vu cette énergie circuler en chacun d' entre nous qui grandissait au fur et à mesure qu'on se la transmettait.

    J'ai vu cette ville qui avait tant de choses à nous raconter. Elle nous parlait de nous, de notre passé, de ceux qui avaient posé leur pierre pour la construction du monde dans lequel nous vivons. Elle nous disait que bientôt, il nous reviendrait à nous de transmettre cette histoire, de poser nos pierres en fonction de celles qui étaient déjà là et donc de devenir acteurs de la société.

    J'ai vu ces gens passionnés donner tout leur cœur à nous transmettre leur savoir. Et quelle offrande est plus belle, quel don plus généreux qu'un être transmettant à un autre un peu de connaissance!

    J'ai vu en mon cœur, tous ces regards posés sur les œuvres d'art que je n'ai pas eu la chance de pouvoir contempler. Mais j'ai cependant eu la chance de les sentir, ces regards qui donnaient à ces œuvres encore plus de force.

    J'ai vu les âmes et les cœurs de ces artistes présents dans les lieux où nous étions. Et quelle chance que d'avoir un être qui donne au monde un peu de lui!

    J'ai vu cette complicité, dans la chambre, le soir, qui grandissait. Si la vie est une chanson, alors je remercie les êtres qui m'entouraient car ils ont contribué à un couplet, certes très court, mais important dans la mienne.

    J'ai vu ces nuits obscures, éclairées par les seuls êtres présents autour de moi.. La lumière qu'ils dégageaient suffisait à me permettre de contempler l'environnement qui m'entourait. La lumière du jour elle-même n'aurait pas su le rendre aussi merveilleux. Car ce sont ces lumières qui m'ont permis de redécouvrir les petits plaisirs de la vie comme l'échange, le partage, la communication, le fait de se rendre compte qu'en dehors du contexte scolaire, beaucoup de choses nous rassemblent, que nous avons la chance de cultiver des différences qui, quand elles se confrontent, font grandir un peu plus nos êtres.

    J'ai vu que les choses simples étaient bien souvent les meilleures et que c'est uniquement quand elles nous manquent que nous prenons conscience de leur importance.

    J'ai vu une ville vivre et se montrer à nous sous tous ses angles, et quel beau spectacle !

    J'ai vu des professeurs toujours calmes et patients qui ont, eux-aussi, beaucoup donné d'eux-mêmes pour nous permettre de vivre ce moment.

    J'ai vu le courage des chauffeurs qui nous transportaient, et ce tour de rond point place de l'Etoile, comme une ronde où nous tournions tous ensemble, cette harmonie entre tous.

    J'ai vu ce lien qui s'est construit entre nous et qui restera à jamais.

    J'ai vu une population d'une diversité extraordinaire, c'est comme un arbre dont les racines sont multiples mais qui s'élèvent toutes pour ne former qu'une. C'était Paris, l'humanité à une échelle bien plus petite.

    J'ai vu des souvenirs uniques, des choses que je ne revivrai plus jamais, comme cette œuvre au Centre Pompidou où nous étions tous comprimés à l'intérieur, avec cette chaleur, cette sensation qu'il n'existe en vérité aucun silence véritable. Car si l'on prend le temps d'écouter sans produire volontairement de bruit, on s'aperçoit que la vie qui est en nous fait un bruit, l'environnement produit un son que nous ignorons mais qui, parfois, peut être une source d'apaisement, un retour au présent.

    Je me suis vue en face, telle que j'étais, car c'est en contact avec l'Autre que l'on peut réellement prendre conscience de ce que l'on est.

    Et surtout, je t'ai vu toi. Il m'a fallu quelques minutes de discussion avec toi pour m'envoler. Un voyage dans un voyage, une bouffée d'air frais. Tu es cette œuvre d'art en vie. Sans doute la plus belle œuvre que j'ai pu contempler cette semaine. Juste en quelques minutes, un soir, la grandeur de ton être, telle une montagne en haut de laquelle j'étais, m'a permis de voir le monde autrement ; ce fut un pas vers moi-même, vers ma liberté. Si seulement j'avais pris plus de temps pour te découvrir.

    J'ai vu, dans une vie, un groupe de littéraires en voyage dans une ville qui fut comme un miroir leur permettant de voir le monde sous son vrai visage sans les barrières qui d'habitude leur cachent l'accès à cette vision.

    Aujourd'hui, je vois cette belle image, sans doute la plus belle que je pouvais voir, et elle se trouve là où j'en ai le plus besoin : dans la galerie de mon cœur.

     

     

    Auteur : La Vie ( Sihem Doucet, 1èL1)

    Date de publication : du 24 février 2015 au 28 février 2015

     

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