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Lettres-Philosophie

Tableau d' une semaine à Paris

Par BRICE FAUCHE, publié le dimanche 15 mars 2015 11:43 - Mis à jour le dimanche 15 mars 2015 11:46

Tableau d' une semaine à Paris

 

 

J'ai vu une nuit si longue dans un bus mais qui a dessiné sur nos visages bien des sourires.

J'ai vu cette énergie circuler en chacun d' entre nous qui grandissait au fur et à mesure qu'on se la transmettait.

J'ai vu cette ville qui avait tant de choses à nous raconter. Elle nous parlait de nous, de notre passé, de ceux qui avaient posé leur pierre pour la construction du monde dans lequel nous vivons. Elle nous disait que bientôt, il nous reviendrait à nous de transmettre cette histoire, de poser nos pierres en fonction de celles qui étaient déjà là et donc de devenir acteurs de la société.

J'ai vu ces gens passionnés donner tout leur cœur à nous transmettre leur savoir. Et quelle offrande est plus belle, quel don plus généreux qu'un être transmettant à un autre un peu de connaissance!

J'ai vu en mon cœur, tous ces regards posés sur les œuvres d'art que je n'ai pas eu la chance de pouvoir contempler. Mais j'ai cependant eu la chance de les sentir, ces regards qui donnaient à ces œuvres encore plus de force.

J'ai vu les âmes et les cœurs de ces artistes présents dans les lieux où nous étions. Et quelle chance que d'avoir un être qui donne au monde un peu de lui!

J'ai vu cette complicité, dans la chambre, le soir, qui grandissait. Si la vie est une chanson, alors je remercie les êtres qui m'entouraient car ils ont contribué à un couplet, certes très court, mais important dans la mienne.

J'ai vu ces nuits obscures, éclairées par les seuls êtres présents autour de moi.. La lumière qu'ils dégageaient suffisait à me permettre de contempler l'environnement qui m'entourait. La lumière du jour elle-même n'aurait pas su le rendre aussi merveilleux. Car ce sont ces lumières qui m'ont permis de redécouvrir les petits plaisirs de la vie comme l'échange, le partage, la communication, le fait de se rendre compte qu'en dehors du contexte scolaire, beaucoup de choses nous rassemblent, que nous avons la chance de cultiver des différences qui, quand elles se confrontent, font grandir un peu plus nos êtres.

J'ai vu que les choses simples étaient bien souvent les meilleures et que c'est uniquement quand elles nous manquent que nous prenons conscience de leur importance.

J'ai vu une ville vivre et se montrer à nous sous tous ses angles, et quel beau spectacle !

J'ai vu des professeurs toujours calmes et patients qui ont, eux-aussi, beaucoup donné d'eux-mêmes pour nous permettre de vivre ce moment.

J'ai vu le courage des chauffeurs qui nous transportaient, et ce tour de rond point place de l'Etoile, comme une ronde où nous tournions tous ensemble, cette harmonie entre tous.

J'ai vu ce lien qui s'est construit entre nous et qui restera à jamais.

J'ai vu une population d'une diversité extraordinaire, c'est comme un arbre dont les racines sont multiples mais qui s'élèvent toutes pour ne former qu'une. C'était Paris, l'humanité à une échelle bien plus petite.

J'ai vu des souvenirs uniques, des choses que je ne revivrai plus jamais, comme cette œuvre au Centre Pompidou où nous étions tous comprimés à l'intérieur, avec cette chaleur, cette sensation qu'il n'existe en vérité aucun silence véritable. Car si l'on prend le temps d'écouter sans produire volontairement de bruit, on s'aperçoit que la vie qui est en nous fait un bruit, l'environnement produit un son que nous ignorons mais qui, parfois, peut être une source d'apaisement, un retour au présent.

Je me suis vue en face, telle que j'étais, car c'est en contact avec l'Autre que l'on peut réellement prendre conscience de ce que l'on est.

Et surtout, je t'ai vu toi. Il m'a fallu quelques minutes de discussion avec toi pour m'envoler. Un voyage dans un voyage, une bouffée d'air frais. Tu es cette œuvre d'art en vie. Sans doute la plus belle œuvre que j'ai pu contempler cette semaine. Juste en quelques minutes, un soir, la grandeur de ton être, telle une montagne en haut de laquelle j'étais, m'a permis de voir le monde autrement ; ce fut un pas vers moi-même, vers ma liberté. Si seulement j'avais pris plus de temps pour te découvrir.

J'ai vu, dans une vie, un groupe de littéraires en voyage dans une ville qui fut comme un miroir leur permettant de voir le monde sous son vrai visage sans les barrières qui d'habitude leur cachent l'accès à cette vision.

Aujourd'hui, je vois cette belle image, sans doute la plus belle que je pouvais voir, et elle se trouve là où j'en ai le plus besoin : dans la galerie de mon cœur.

 

 

Auteur : La Vie ( Sihem Doucet, 1èL1)

Date de publication : du 24 février 2015 au 28 février 2015