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Prix lycéen du livre de S.E.S 2016

Regarde les lumières, mon amour

Par CLOTILDE EYGLUNENT, publié le mardi 31 mai 2016 09:14 - Mis à jour le mardi 31 mai 2016 09:14

Le livre d’Annie Ernaux se présente sous forme d’un journal que l’auteure a tenu pendant un an, et dans lequel elle relate ses escapades dans un centre commercial. Ce sont ses réflexions sur ce lieu qu’elle nous propose. L’hypermarché y est vu comme un rendez-vous humain, comme un spectacle.
L’auteure met en avant deux hypothèses : l’une liée au fait que ce sont des lieux fréquentés surtout par des femmes la seconde renvoie au fait que, jusque dans les années 1970, les écrivains d’origine bourgeoise vivaient à Paris, donc loin des grandes surfaces. Nous pouvons aussi dire que la littérature participe pleinement à rendre les hypermarchés comme objets « valorisés », et amplifie par ailleurs  les origines sociales d’Annie Ernaux qui sont modestes.
Regarde les lumières mon amour ne s’inscrit pas dans une posture critique de la société de consommation, l’auteure mesure combien ce système de distribution contrôle les personnes et pointe « son rôle dans l’accommodation des individus à la faiblesse des revenus, dans le maintien de la résignation sociale » 
À la lecture de l’ouvrage, nous pouvons considérer qu’Annie Ernaux s’inscrit implicitement dans une posture d’observation participante (elle y va de sa liste de course, de son chariot). Cependant, quand elle souligne que « tous ceux qui n’ont jamais mis les pieds dans un hypermarché ne connaissent pas la réalité sociale de la France d’aujourd’hui », nous émettons quelques réserves à ses propos, car la « réalité sociale », de notre point de vue, n’est pas seulement réductible à ces espaces. On notera par ailleurs que quand l’auteure écrit par exemple que ces endroits sont fréquentés par tous et qu’au centre commercial des Trois-Fontaines, qui lui sert d’exemple, se retrouvent des classes moyennes et populaires. 


Pour ma part, j’ai apprécié lire ce livre qui est ouvert à tous et facile a lire, contrairement à ce que l’on pourrait croire on est vite captivés par les propos que tient Annie Ernaux, j’aime beaucoup la façon dont elle nous décrit les choses comme elle les vois et je trouve ses idées pertinentes. Je recommande donc de lire ce livre.

Eléonore